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À fond

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Rencontre avec l’équipe du film « A fond » à l'occasion de sa venue au cinéma Pathé Place de Loire.

Culture

À fond

José Garcia, Caroline Vigneaux et Nicolas Benamou n’ont pas hésité une seule seconde à jouer le jeu avec le public et à prendre un bain de foule mémorable…

Comment vous est venue l’idée complètement folle du film ?

Nicolas Benamou (réalisateur) : J’aime les défis et aller de plus en plus loin. J’avais entendu parler de faits divers où des mecs se retrouvaient bloqués dans des voitures folles, des bolides qui ne pouvaient plus s’arrêter. On en parlé avec mes scénaristes et on s’est demandés comment une famille réagirait si elle avait ce problème. En transformant le drame en comédie déjantée, à cent à l’heure. Nous nous sommes creusés la tête pour écrire une histoire qui ne tourne pas en rond, pleine de rebondissements, et pour faire en sorte qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde dans cette voiture. Cela a demandé beaucoup de boulot. Et au final, le scénario était réglé comme du papier à musique. 

Votre expérience à la réalisation de Babysitting 1 et 2 vous a aidé à gérer le challenge énorme que représente A fond ?

Nicolas Benamou : Réaliser une comédie aide en tout point à se perfectionner, à affiner son regard. L’expérience de Babysitting m’a confirmé que j’aime tourner en prise de vue réelle et que j’ai tendance à ne pas truquer les choses. J’ai besoin de tout faire en vrai. Pas de studio, pas de fond vert, pas de trucages… Le but du jeu est de faire ressentir des émotions aux spectateurs, que tantôt ils rient, tantôt ils aient peur.

Caroline Vigneaux : Nous avions vraiment peur dans la voiture. Cela ne m’était jamais arrivé de me faire tamponner sur une autoroute, de frotter contre un rail. Parfois, j’avais l’impression d’être dans un manège. Une expérience dingue pour mon premier film ! Tous les jours, nous étions dans une voiture roulant à 110 km/h. On tournait en Macédoine et on avait loué une portion d’autoroute de 25-30 km. Pendant deux mois et demi, José et Nicolas n’ont pas arrêté de me dire : « normalement un film ça ne se passe pas comme ça » (rire). Le tournage a vraiment été extra-ordinaire ! Je ne sais pas comment je vais faire pour le prochain film car pour moi, c’est la norme de faire des cascades, de prendre des risques, de n’avoir aucune limite… Travailler avec Nicolas Benamou, qui est l’un des meilleurs en matière de comédie aujourd’hui, et donner la réplique à José Garcia et André Dussolier, c’est complètement fou.

Tout le film a été tournée en prise de vue réelle, ça ne s’arrête pas une seule seconde.

José Garcia : En France, on a une grande tradition de comédie. Souvent, sans vouloir être péjoratif, les plans sont filmés à chaque fois en champ, contre-champ… Mais Nicolas apporte quelque chose de totalement nouveau, il révolutionne tout ça. Il imprime un rythme de comédie, un rythme d’image, qui vient d’internet et qui remet en question le cinéma d’aujourd’hui. On retravaille la comédie avec une liberté immense. En étant dans l’ordre du réel, en vivant les situations, on est guidé par elles, on ne surjoue pas et on ressent les émotions. J’ai très envie de développer ce style-là. J’adore travailler sans filet et j’ai trouvé mon Doctor Feel Good. C’est jubilatoire d’être dans cette équipe de champions du monde de fous furieux. Quand le tournage a commencé, personne ne savait ce qui allait se produire, il y avait une excitation folle dans la voiture qui imprimait une vitesse au film. J’espère que ça va donner du courage aux réalisateurs qui vont vouloir servir le rythme de la comédie.

Nicolas Benamou : Les gens sont bluffés quand ils apprennent que tout a été fait en vrai, de savoir que les acteurs font leurs propres cascades, que les enfants sont vraiment passés par la fenêtre (rires) ! Aujourd’hui le public a plus que digéré les possibilités du numérique, des effets spéciaux, de la 3D à outrance. Cela ne les fait plus rêver. Ils ont besoin de vrai, d’authenticité. Le film se passe sur l’autoroute, une situation familière pour le public qui a ses points de repère, à qui ça parle. Donc impossible de tricher, on part d’une base réelle. Les vraies sensations ne découlent que de cela.

José Garcia : Dans les films d’action américains, on ne voit que le côté spectaculaire, le mec qui saute de cinq étages et retombe sur ses pieds, sans un accroc. Ici, c’est de l’ordre de la réalité. Nous avons fait nos cascades nous-mêmes, avec nos difficultés. Il n’y a pas cet  aspect d’excellence un peu lisse. Cette authenticité permet aux gens de s’identifier et aux acteurs d’être dans la justesse. Quand les personnages se retrouvent piégés dans la voiture, ils ne sont pas dans l’hystérie, ils n’en font pas des caisses, ils ne paniquent pas. Ce sont des personnes d’un certain niveau social qui s’imaginent qu’avec leur intelligence, elles vont maîtriser la situation. Au contraire, la tension et les obstacles montent crescendo.  

Nicolas Benamou : Vladimir, notre cascadeur professionnel qui joue le rôle du gitan poursuivant la famille, a été le plus loin possible. Il a conduit une voiture sans portière, sans pare-brise, sur l’autoroute, à plus de 110 km/h. Pour jouer son rôle de gendarme, Vincent Dezagnat a passé son permis moto. C’est ultra difficile de conduire une moto et de tenir la vitesse à 110 km/h, à hauteur d’une voiture pour parler à son conducteur. Un appareil qui vole s’est posé sur le toit d’une voiture alors que c’est quasiment impossible… Ça n’a été que ça tout le temps du tournage. Il faut repousser les limites quand on veut faire jouer les acteurs de la manière la plus intense possible. Eux aussi, cela les excite.

Caroline Vigneaux : On a tourné le film dans l’ordre chronologique. On voyait les voitures s’abîmer au fur et à mesure, on vivait des scènes folles. Même si on connaissait le scénario, à chaque fois, ça nous rendait fou. C’est comme être dans un grand huit, tu sais que tu vas plonger mais quand ça arrive, tu hurles ! Surtout quand tu as José Garcia au volant (rires). André Dussolier adorait cela. Il voulait même aller plus loin, il fallait le retenir tellement il était dans le truc. En quarante ans de films, il n’avait jamais vécu ça. Et cela n’a fait que monter crescendo jusqu’à la scène finale

José Garcia : A chaque fois qu’on voit la fin, on n’y croit toujours pas, c’est tellement dingue !

Quand vous allez à la rencontre du public, quelles sensations cela vous procure-t-il ?

Nicolas Benamou : C’est la récompense ! Tout ce qu’on fait dans ce métier, on le fait pour ce moment.

Caroline Vigneaux : Je viens du spectacle vivant. La grande différence avec le cinéma c’est que sur scène, tu as une réponse immédiate du public. Tu sais si ta vanne est bonne ou pas. On a tourné « A fond » il y a un an. Il a donc fallu attendre pour voir les réactions du public. Et entendre leurs rires aujourd’hui, ça fait du bien. Je suis très émue !

José Garcia : Ce qui me touche, c’est de voir beaucoup de femmes dans le public. Je ne m’y attendais pas étant donné que le film tourne autour d’une histoire de voiture. Il y a aussi beaucoup d’enfants. C’est un public très disparate. J’adore les bains de foule, je trouve cela jubilatoire. Lorsque je fais des photos ou des dédicaces, les gens me disent des choses personnelles, me serrent dans leurs bras. C’est comme être emporté dans une grande bulle d’amour !

Propos recueillis par Emilie Cuchet   

Photos : Jérôme Grelet

l’équipe du film « A fond »

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