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Les 3 Mousquetaires

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A quelques jours de la venue du show musical Les 3 Mousquetaires, au Zénith d’Orléans, le samedi 18 février à 15h30 et 21h, nous avons rencontré un mousquetaire et la reine Anne d’Autriche. Exclu !

Sorties - Loisirs

Les 3 Mousquetaires

Victoria, on vous a connu enfant dans les émissions télévisées de Michel Drucker. On vous retrouve aujourd’hui dans Les 3 Mousquetaires. Quel a été votre parcours ?

Victoria (Anne d’Autriche) : Cela a commencé très tôt. Quand j’avais 8 ans, j’ai chanté pour le plaisir à l’anniversaire de ma grand-mère,. J’ai aimé chanté pour les autres et j’ai su que je voulais être chanteuse. A 12 ans, j’ai été repérée dans les émissions télévisées de Michel Drucker « Vivement Dimanche ». Après, j’ai remporté des radio-crochets, des castings. J’ai fait un album avec André Manoukian, chanté pour Holiday On Ice, enregistré le générique de la série Heroes, participé à The Voice. J’ai fait partie de l’aventure Le Roi Soleil, avec Emmanuel Moire et Christophe Maé, et aujourd’hui je me retrouve dans Les 3 Mousquetaires.

Le genre de la comédie musicale est particulièrement épanouissant pour un artiste. J’interprète des titres très forts, comme «  Face à Face ». Je n’aurais jamais pu faire autre chose que de la musique. J’ai participé à beaucoup de projets collectifs, l’objectif maintenant est de faire mon nid en tant que soliste. Je compose beaucoup.

Et vous David, quel a été votre parcours avant d’arriver dans cette aventure ?

David Bàn (Porthos) : J’ai un parcours totalement différent. J’ai fait des études de dessinateur. Je me suis tourné vers la carrière d’artiste quand j’ai compris que cela permettait de transmettre une émotion beaucoup plus rapidement. C’est cette immédiateté qui m’a plu. Je chante, je joue de la comédie pour transmettre des émotions, des frissons. Je ne connais rien de plus puissant que d’être sur scène. J’ai fait le Cours Florent, travaillé avec le coach vocal Richard Cross et le chorégraphe Redha.

J’ai participé à beaucoup de comédies musicales, comme 1789 Les Amants de la Bastille, Flashdance et Grease. Une comédie musicale allie tous les arts : le chant, la danse, le théâtre. On ne cesse d’apprendre, d’être en perpétuelle évolution. On peut s’y épanouir. J’ai souvent des seconds rôles haut en couleur, le méchant, le rigolo. Ces personnages marquent vraiment car ils sortent du cadre. Dans 1789, Danton c’était le mec plutôt costaud, grande gueule, épicurien. Dans la vie, je bois le verre à moitié plein. J’ai ce côté-là donc ces personnages me correspondent bien.

Comment avez-vous intégré Les 3 Mousquetaires ?

Victoria (Anne d’Autriche) : J’étais dans un centre commercial lorsque j’ai reçu un coup de fil du directeur de casting qui m’a dit m’imaginer dans la peau d’Anne d’Autriche. J’étais étonnée car dans la vie, je suis aux antipodes, je serais plutôt une Milady qu’une reine. Et puis, j’ai fait le casting, je me suis donné à fond. Je me suis impliqué pour avoir le rôle, je l’ai apprivoisé. Aujourd’hui, je ne me vois pas jouer un autre personnage. C’est un vrai plaisir.

David Bàn (Porthos) : Le directeur de casting m’a contacté. Au départ, je pensais que tous les rôles étaient pris. Lors du casting, j’ai été une évidence pour l’équipe. Cela m’a fait chaud au cœur qu’on veuille de moi directement. C’est un métier où psychologiquement il faut s’accrocher. Pour un rôle, il y a 1000 candidats. Vu la difficulté du métier, j’aborde les castings en essayant de m’amuser. Je fais la même chose sur scène. C’est communicatif. Je propose, ça passe ou ça casse. C’est ma philosophie.

Parlez-nous de vos personnages respectifs :

Victoria : J’incarne Anne d’Autriche, mariée au roi de France Louis XIII. Elle a un coup de cœur pour le Duc de Buckingham, ambassadeur venu d’Angleterre. Il lui offre une parure de diamant, ce qui pourrait causer un incident diplomatique si cela venait à se savoir. Richelieu, ennemi juré de la reine, l’apprend et la persécute en utilisant son arme fatale, son espionne Milady. Se sentant acculée, elle se confie à Constance, l’amoureuse de D’Artagnan. Les mousquetaires volent à son secours pour sauver son honneur. C’est une femme digne, passionnée, une écorchée vive. Finalement, plus j’ai creusé le personnage, plus j’ai trouvé de similitudes avec moi. On a aussi la liberté sur un tel projet de mettre un peu de nous dans le rôle. C’est un vrai plus. Dans le spectacle, je chante des chansons universelles qui touchent tout le monde et parlent d’amour, de rupture. C’est plus facile de jouer et raconter ces situations quand elles vous parlent.

David Bàn : Je suis Porthos, le personnage haut en couleurs par excellence, l’électron libre ! Il me permet de faire rire les gens, d’alléger l’atmosphère. C’est un bon vivant, un homme à femmes. Ce qui est drôle, c’est que Danton et Porthos ont été incarnés au cinéma par Gérard Depardieu. C’est une belle référence. Dans un show musical, tu dois camper ton personnage dès les premières secondes et imposer ses traits de caractère. Quand les mousquetaires sont présentés, on voit tout de suite que c’est le roi de la fête, prenant les choses à la légère. Porthos est joyeux, jovial, contrecarre le drame par l’humour. Même dans les situations de danger, il a toujours un bon mot à la bouche.

Quels sont les atouts du show ?

Victoria : La musique touche un large public. Le thème est fort. « Un pour tous, tous pour un » véhicule cette idée de fraternité, de complicité. On s’entend tous très bien dans la vie, et sur scène cela transpire. On est une troupe unie. Le challenge est doublement relevé.

David Bàn : Ce n’est pas une comédie musicale classique, dans le style de Broadway. C’est plus un show musical, un concert géant qui emmène les spectateurs dans une histoire. Il y a un moment notamment qui casse le quatrième mur entre les artistes et les spectateurs. Casser le quatrième mur, qu’est-ce que c’est me direz-vous ? C’est un instant hors du temps, hors du show, de guitare voix avec Damien Sargue qui incarne Aramis. Il chante « J’ai besoin d’amour comme tout le monde ». C’est un moment de communion sur scène, un peu comme si on était à la maison au coin du feu. Nous, les autres personnages,  on va dans le public. Tout le monde part avec nous. Ça donne des frissons.

Victoria : Il y a toujours des codes dans les comédies musicales. Là, tout en gardant les ingrédients phares, on casse un peu ça. Il n’y a pas de barrière entre les artistes et les spectateurs qui font partie intégrante du spectacle. Le décor intègre même cette notion en montrant à certains moments les coulisses. Ainsi, on voit parfois les danseurs qui regardent l’action sur scène. Tout le monde participe.

David Bàn : C’est un spectacle avec des moyens imposants, des costumes incroyables, mais il y a énormément de contre-pieds, d’humour et d’autodérision. On n’hésite pas à se moquer de nous-mêmes, par exemple avec la scène de la chevauchée. On ne s’y attend pas du tout. Tout le monde éclate de rires dans la salle à ce moment-là. On s’attache aux personnages, on oublie les artistes pour ne retenir que D’Artagnan, Athos, Porthos…  L’intelligence du metteur en scène a été de se servir de nos personnalités pour enrichir les personnages.

Le travail est énorme sur un tel projet et cela demande beaucoup d’investissement.

Victoria : C’est sûr, ce sont des mois de travail acharné. J’ai dû aussi travailler mon maintien, ma posture. Je joue le rôle d’une reine, il y a de la grandeur et de la dignité. Nous avons tous travaillé nos personnages. J’ai lu beaucoup de livres d’histoires, étudié les valeurs, l’époque. Ensuite, cela a été deux mois et demi de répétitions intensives.

David Bàn : L’avantage c’est que nous sommes un groupe assez exceptionnel. On vit une aventure humaine. Il n’y a pas d’égo, mais un vrai respect artistique et humain. Et on rit beaucoup tous ensemble.

http://www.les3mousquetaires-lespectacle.com/

Propos recueillis par Emilie Cuchet