Orléans & son AgglO

Cinéma : Avant-Première avec Kheiron

Publiée le

Lundi 17 septembre, le cinéma Pathé Loire recevait une jolie visite. Celle de l’humoriste, comédien et réalisateur Kheiron, venu présenter son deuxième long-métrage Mauvaises Herbes. Un film finement écrit alternant rires et larmes qui fait du bien !

Culture , Sorties - Loisirs - Tourisme

Cinéma : Avant-Première avec Kheiron

Votre premier film Nous trois ou rien avait une part autobiographique puisqu’il racontait l’histoire de vos parents ayant fui l’Iran pour la France. Celui-ci aussi raconte un épisode de votre vie lorsque vous avez été éducateur pour jeunes en difficulté ?

Kheiron : Ce n’est pas l’aspect autobiographique qui m’intéresse dans un film, mais la sincérité qui est au cœur de tout. Imaginons quelqu’un qui a vécu une histoire d’amour difficile dans sa vie. Pourquoi ne pourrait-il pas réaliser un film médiéval avec un personnage qui a connu une rupture un peu comme la sienne. Ce qui compte c’est l’authenticité, la vérité. C’est ça qui fait que l’histoire fonctionne. Quand tu es auteur, il faut de la sincérité. Il n’y a rien de pire que de mentir au public, cela se sent ! J’aime parler dans mes films de sujets qui me sont chers. Dans Mauvaises Herbes, cela tourne autour de la jeunesse, de la rédemption, de l’éducation, du déracinement.

Quand j’étais éducateur, j’avais le sentiment que je n’avais rien à faire là. Je n’avais pas de diplôme, je faisais de l’artistique à côté et c’est pour cela qu’on m’avait embauché. Mais je n’arrivais pas à me départir de cette impression de fraude. Un peu comme le personnage de Wael que j’interprète dans le film. Et puis, au fil du temps je me suis senti légitime car j’agissais avec sincérité auprès des enfants et je me suis senti en adéquation avec eux.

Le succès de votre premier film vous a-t-il mis la pression pour le second ?

Kheiron : Oui, c’est même la seule pression que j’avais, cette peur de décevoir le public de Nous trois ou rien. Le stress, je l’ai vécu avant le tournage, pendant la préparation du film. J’ai la volonté de surprendre les gens, il y a donc une grosse prise de risque à chaque fois.

J’ai eu à cœur de faire complètement différemment pour ce nouveau film. C’est un huis-clôt alors que le précédent exigeait 70 décors. Il y a 10 comédiens, dans le précédent 90… etc. Ce sont les mêmes ingrédients mais avec une autre recette. J’aime rassurer et bousculer à la fois le public. C’est mon leitmotiv en quelque sorte.

Mauvaises Herbes flirte en permanence entre le drame et la comédie.

Kheiron : C’est un équilibre subtil qui a été très difficile à trouver lors de l’écriture. Dans le stand-up, tu peux tester tes blagues sur le public. Au cinéma, cela n’est pas possible. J’ai donc mis beaucoup d’énergie à faire des mini-projections pour observer les réactions des gens, leur demander ce qu’ils avaient aimé ou pas aimé. Cela m’a permis d’affiner et au montage, j’ai eu la certitude d’avoir la meilleure version de mon film. J’ai fait la toute première avant-première de Mauvaises Herbes, le 5 juin à Châtelet, en réalité c’était la 35e ! J’ai réussi à avoi ce fil ténu entre émotion et comédie. On passe vraiment du rire aux larmes. J’aime quand les gens sont bouleversés, j’aime provoquer ce truc dans l’estomac.

Parlez-nous de votre casting.

Kheiron : Je ne travaille que dans le désir, avec des acteurs qui ont envie d’être dans mes films. Catherine Deneuve et André Dussolier avaient aimé mon premier film et les choses se sont faites naturellement. Je peaufine tous mes personnages. Chacun a quelque chose à défendre. Il n’y a pas de faire valoir ou de passe plat.

Les jeunes, nous avons été les chercher dans des cours de théâtre et des agences. Ce sont des rôles très adultes qui nécessitaient une technicité. Je les ai beaucoup drivés pendant le tournage. On a énormément bossé. Je suis très fier d’eux.

Alban Lenoir qui joue le rôle du méchant a un profil très particulier. Il fait très acteur américain avec un côté très physique. Il peut jouer les beaux gosses comme les bad boy. Il m’a même guidé pour ses scènes de cascade. 

On découvre dans votre film une Catherine Deneuve comme on ne l’a jamais vue auparavant.

Kheiron : C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. Pour lui faire jouer ce rôle, il ne fallait pas être fan de Catherine Deneuve, de l’icône du cinéma français. Il fallait avoir une envie très forte de la faire tourner. Elle a joué des égéries, des femmes élégantes, bourgeoises, dignes… Or, moi je suis venu avec mes gros sabots lui proposer un personnage de septuagénaire qui n’hésite pas à écorner son image, à aller très loin pour aider Wael, le héros du film. Je l’ai poussé dans ses retranchements, je n’ai jamais l’affaire. On a eu des désaccords mais elle m’a suivi, elle a été à fond.

Wikipedia annonce déjà la sortie de votre troisième film en 2020 !

Kheiron : Oui il est déjà écrit et j’ai fait les repérages pour les décors. Je le tourne cet été, pour une sortie sur les écrans ou sur Netflix, en février 2020. C’est un film qui va encore plus surprendre mon public. Je l’ai écrit pendant le montage de Mauvaises Herbes et alors que je montais sur scène le soir. Je ne peux pas m’arrêter. C’est inexplicable… Je suis acteur, je fais de la scène, mais avant tout je suis auteur. J’ai envie de raconter des histoires.

Vous vivez sur un rythme effrené.

Kheiron : Je suis booké jusqu’en avril 2021, entre tournée dans toute la France, promotion de Mauvaises Herbes et tournage de mon prochain film. On n’a qu’une vie. Je profite de ces moments incroyables. Je veux un maximum de bons souvenirs.

MAUVAISES HERBES

Avec Kheiron, Catherine Deneuve, André Dussollier

Résumé :

Wael, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Sa vie prend un tournant le jour ou un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire. Wael se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme. De cette rencontre explosive entre « mauvaises herbes » va naître un véritable miracle.

Sortie Nationale le 21 novembre 2018

Si vous souhaitez joindre la mairie d’Orléans : 02 38 79 22 22
ou Orléans Métropole : 02 38 78 75 75.

Pour rappel, en cas de symptômes, vous devez :
  • appeler votre médecin traitant et non le 15,
  • éviter de vous déplacer vers les salles d’attente des cabinets médicaux sans l’avis de votre médecin, ou les services d’urgence (réservés à la prise en charge des cas graves), afin d’éviter de propager la contagion.

plateforme téléphonique 0800 130 000