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Rencontre avec Les Vétos

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A l’occasion de la promotion du film Les Vétos réalisé par Julie Manoukian, nous avons rencontré l’équipe du film emmenée par les comédiens Clovis Cornillac et Noémie Schmidt, apprentis vétérinaires sensibles et plus vrais que nature. Une entrevue pétillante.

Culture , Sorties - Loisirs

Rencontre avec Les Vétos

Comment est né le film ?

Julie Manoukian (réalisatrice) : Il est né de l’envie des producteurs de raconter une histoire de vétérinaires il y a trois ans. Personnellement, je ne connaissais pas ce métier. Ils m’ont dit : si tu arrives à l’écrire, on te donne les clés du film. Et je suis tombée amoureuse de la profession. Ils ont des conditions de travail très difficiles mais ils sont guidés par la passion. Il y a des moments durs mais aussi beaucoup d’humour. Cela m’a inspiré, la machine était lancée.

Clovis Cornillac : Ce qui m’a interpelé en premier lieu dans le projet, c’est le titre Les Vétos. Je n’avais jamais vu passer un scénario traitant de ce sujet. Ensuite, la lecture du scénario m’a emballé. C’est une belle écriture, intelligente, avec beaucoup de fraîcheur et de douceur. J’ai projeté quelque chose. De temps en temps, l’instinct te guide vers de beaux territoires. Et puis j’ai rencontré une belle personne, Julie Manoukian dont c’était le premier film.

Quand je vois le résultat à l’écran, je suis bluffé par la tendresse qui se dégage du film. Il est à hauteur d’homme, avec un ton très juste je trouve, ni dans la mignonnerie ni dans le désespoir. L’équilibre est bien là et on y voit aussi l’émergence de bons acteurs qui arrivent.

Quel était votre rapport avec les animaux avant le film ?

Noémie Schmidt (comédienne) : J’ai côtoyé plein d’animaux dans ma vie. Mon personnage a un rat dans le film. Et ce sont des animaux que j’adore, j’en ai eu plein. Celle des Vétos, Daria est hyper intelligente. Je me suis attachée à elle et j’ai eu du mal à m’en séparer à la fin. 

Clovis Cornillac : J’ai un chien, un caniche toy baptisé Orson qui m’accompagne partout, sur les tournages et en interview. J’ai tourné beaucoup de films avec des animaux. Cela s’est toujours très bien passé sauf une fois avec un singe en Inde, très en colère. Une histoire particulière mais au final on a réussi à faire la scène.

Vous avez préparé le film en rencontrant des vétérinaires ?

Clovis Cornillac : On a une chance inouïe quand on est acteur, celle de rencontrer des gens bienveillants qui ont envie de partager leurs passions. On a travaillé avec un couple de vétérinaires de la Nièvre pour appréhender le métier et ne pas dire n’importe quoi. Muriel, la dresseuse des animaux, a été très généreuse avec nous. Elle a un côté très humain et elle a même fini par jouer un petit rôle dans le film, celui de l’éleveuse de chiens que Julie a réécrit spécialement pour elle. Un film, c’est une histoire de rencontres.

Noémie Schmidt : J’ai aidé une vache pendant son vêlage, scène que l’on voit dans le film et que j’ai vraiment réalisée. En amont, j’ai appris avec les vétérinaires à fouiller une vache pour savoir si elle est pleine ou pas. J’ai fait des tournées avec eux, je suis allée dans leur clinique.

Le jour J, quand on a su qu’une vache allait mettre bas, je me suis préparée, le vétérinaire m’a montré comment attacher la corde. A 20h, on a commencé à filmer, j’ai tiré sur la corde de toutes mes forces. Ca ne venait pas alors le vétérinaire est venu m’aider avec une vêleuse. Quand j’ai vu la tête du veau commencer à sortir, c’était incroyable. J’ai pleuré d’émotion. Il est tombé par terre et a posé son tout premier regard sur moi. Je l’ai nettoyé avec de la paille. C’est un moment qui restera gravé dans ma mémoire.

Clovis Cornillac : Le film est à la fois très réaliste et en même temps plein de poésie et de douceur. On ne voulait pas heurter les sensibilités, l’euthanasie par exemple est suggérée et pas montrée. Bien que moi je n’ai aucun tabou à ce sujet. La vie et la mort sont liées, elles font partie du même trajet. Dans leur attitude, les vétérinaires ont un accompagnement très vivant, très bienveillant.

Julie Manoukian (réalisatrice) : On voit bien aujourd’hui que les jeunes vétérinaires ne sont pas formés à cet aspect psychologique, à l’image du personnage de Noémie. Alors que celui qu’incarne Clovis c’est dans sa personnalité, son caractère plein d’empathie. C’est naturel chez lui. Il est totalement impliqué auprès de ses patients, dans la vie de son village de campagne. La différence de jeu entre les deux protagonistes fait l’intérêt de l’histoire.

Quel est le retour de la profession sur le film ?

Julie Manoukian (réalisatrice) : J’ai plein d’amis vétérinaires qui ont vu le film et leur retour est très positif. Ils ne se sentent pas trahis (rires) !

Clovis Cornillac : Au-delà de ça, on n’a pas l’impression d’être seuls dans cette aventure, c’est touchant de voir combien les salles remplies pendant notre tournée de promotion. Alors que le film n’existe même pas encore médiatiquement parlant. C’est beau pour Julie qui a mené ce projet de A à Z. ce qui plaît je pense c’est le côté universel du film qui déborde sur des enjeux humains et sociétaux comme la ruralité.

Julie a commencé à travailler sur ce sujet il y a trois ans, ce n’est donc pas un effet de mode. C’est drôle de voir qu’au moment où ce film est là, il y en a d’autres sur les écrans sur le thème de la ruralité, des difficultés de la vie à la campagne, de l’espoir aussi. Et qu’ils captent le public, ses attentes. Tout prend sens.

Propos recueillis par E. Cuchet

Les Vétos

De Julie Manoukian

Avec Noémie SchmidtClovis CornillacLilou FogliCarole FranckJuliane Lepoureau

Synopsis : Au cœur du Morvan, Nico, dernier véto du coin, se démène pour sauver ses patients, sa clinique, et sa famille. Quand Michel, son associé et mentor, lui annonce son départ à la retraite, Nico sait que le plus dur est à venir. « T’en fais pas, j’ai trouvé la relève. » Sauf que… La relève c’est Alexandra, diplômée depuis 24 heures, brillante, misanthrope, et pas du tout d’accord pour revenir s’enterrer dans le village de son enfance. Nico parviendra-t-il à la faire rester ?

Sortie le 1er janvier 2020