Rencontre avec Marius Stieghorst

Publiée le

Alors que la saison « européenne » de l’Orchestre symphonique bat son plein, rencontre avec son nouveau chef d’orchestre Allemand, Marius Stieghorst.

Culture

Rencontre avec Marius Stieghorst

Comment êtes-vous tombé dans la musique ?

Pour moi la musique est une évidence. C’est très facile car ma famille est totalement immergée dedans : un père, flûtiste dans un orchestre, un grand-père, organiste et pianiste très connu en Allemagne, et aussi chef d’orchestre. On m’a nourri à la musique, j’ai appris la flûte, puis le piano devenu mon instrument de prédilection. J’ai commencé à le pratiquer à l’âge de 3 ans. On m’a toujours dit : « Tu joues d’une façon orchestrale, pas typiquement pianiste. » Je pense que j’étais prédestiné à devenir chef d’orchestre !

Comment êtes-vous arrivé dans l’aventure orléanaise ? Comment reprend-on le flambeau d’un tel orchestre ?

Comme tout dans la vie, c’est lié au hasard, au destin. Je suis arrivé après l’affreuse disparition de Jean-Marc Cochereau. Pour finir la saison, l’orchestre a invité plusieurs chefs français et étrangers et j’étais parmi eux. C’était très étrange car immédiatement je me suis senti très proche des musiciens de l’ensemble orléanais, au niveau du langage musical, de la vision, des méthodes de travail… Je me rappelle m’être dit la première fois : « On ne se connaît pas mais on se reconnaît, on a une confiance. » J’ai été invité encore trois fois, puis on m’a proposé le poste de directeur musical et j’ai dit oui, avec grand plaisir. J’aime vivre et travailler en France, c’est un grand bonheur.

Quelles sont les qualités de l’ensemble orléanais à l'origine de votre coup de coeur ?

J’ai découvert avec eux une chose complètement nouvelle pour moi. Jusqu’ici, j’avais surtout travaillé avec des orchestres fixes, permanents. Là, j’ai constaté, comme pour de nombreux orchestres en France, que l’ensemble orléanais est un orchestre qui bouge, avec des musiciens permanents et d’autres « intermittents », pas présents à chaque instant de la saison. Cela pourrait générer une difficulté car ils ne jouent pas vraiment régulièrement ensemble, mais au contraire cela apporte une force, une curiosité vis-à-vis de la musique. J’aime aussi beaucoup ce mélange entre jeunes et moins jeunes, pré-professionnels et professionnels, anciens élèves du Conservatoire et nouveaux élèves. C’est le point fort de l’orchestre.

Cette année, vous amenez les musiciens et le public dans un voyage en Europe.

Quand j’ai repris ce poste, j’ai bien sûr pensé à la grande personnalité de Jean-Marc Cochereau qui pendant près de 15 ans a formé cet orchestre avec brio. Jean-Marc a choisi des programmes très intelligents, tous les bijoux du répertoire, appréciant particulièrement les musiques américaines et russes. Je me sens la responsabilité de faire jouer à l’orchestre un nouveau répertoire et de faire vivre au public de nouvelles aventures. Cela m’a permis d’élaborer un programme voguant entre Scandinavie, République tchèque et Espagne.

Marius-Stieghorst001

Parlez-nous des concerts de février consacrés à l’Autriche…

J’ai travaillé en Autriche pendant trois ans. J’ai fait la connaissance d’une culture, d’un pays qui vit la musique du matin au soir. J’avais envie de montrer l’Autriche à travers le regard de grands compositeurs. Ibert joue avec les caractéristiques de Mozart, mais ce n’est pas Mozart. On joue Haydn, mais à l’aune de Brahms qui a composé une variation sur un thème du maître autrichien. Enfin, on s’attaque à la 4e Symphonie de Beethoven qui n’a quasiment jamais été jouée par les musiciens orléanais. Nouveauté de cette saison, avant chaque concert, je ferai une introduction musicale soit au piano, soit avec l’orchestre, pour être au plus proche du public, dans l’échange. La musique se partage. J’aime cette idée qu’elle est une langue à part entière, qu’elle permet de communiquer, de se comprendre même lorsqu’on ne parle pas le même langage…

Quelles sont vos envies pour la saison prochaine ?

J’ai une idée du futur programme mais il est encore un peu tôt pour en parler. Ce que je peux dire c’est que ce seront des concerts très différents, notamment le concert de Noël. J’aimerais bien varier les plaisirs, amener ma patte. Mon objectif est de travailler encore plus l’écoute et la flexibilité avec les musiciens. Et puis, le lien avec le Concours international de piano d’Orléans va perdurer, le lauréat jouant à nos côtés au cours de la saison. Enfin, j’ai envie d’entreprendre un travail éducatif auprès des enfants, de manière ludique. C’est quelque chose qui me tient à coeur. L’Orchestre symphonique d’Orléans rend sa ville très fière, nous voulons la rendre encore plus fière dans l’avenir !

propos recueillis par émilie cuchet

Orchestre-symphonique-orleans-168

« Suivez-nous en Europe ! » au Théâtre d’Orléans

• « Immortelle Autriche », le 21 février, à 20h30 et le 22, à 16h. Programme : Jacques Ibert « Hommage à Mozart », rondo pour orchestre ; Variations sur un thème de Haydn op.56a de Brahms et Symphonie n°4 en si bémol majeur op.60 de Beethoven.

• « Tout le long de la Moldau, la Tchéquie ! », le 11 avril, à 20h30 et le 12, à 16h. Programme : Ouverture H 345 de Martinu ; Concerto pour clarinette en la majeur K 622 de Mozart ; Symphonie n°8 en sol majeur op. 88 de Dvorak.

• « Des rythmes enflammés l’Espagne ! », le 29 mai, à 20h30, le 30, à 20h30 et le 31, à 16h. Avec Andrea Hill, mezzo-soprano, Tiago Matos, baryton, le choeur symphonique et le choeur des enfants du Conservatoire d’Orléans, sous la direction d’Élisabeth Renault.

Programme : Espana, rhapsodie pour orchestre de Chabrier ; Don Quichotte à Dulcinée, pour baryton et orchestre de Ravel ; Don Quichotte : scène de Dulcinée pour soprano et orchestre de Massenet ; Zarzuelas de Chapi, Moreno Torroba ; La tricorne : suite n°2 de Manuel de Falla ; Carmen – extraits de Bizet.

Et aussi : concerts de musique de chambre, avec les solistes de l’Orchestre symphonique et Marius Stieghorst au piano, le 14 mars à 16h, salle Montission (Saint-Jean de Blanc) et le 29 mars à 16h, salle de l’Institut, à Orléans.

http://www.orchestre-orleans.com

Orchestre-symphonique-orleans-165