Tendances des recherches actuelles

      le 03/04/2026

      À la rencontre de Catherine Perroud Le Bodic, Directrice du Cycle de l’Eau à Orléans Métropole

      À la tête de 121 agents, elle supervise la production et distribution d’eau potable, l’assainissement, la gestion des eaux pluviales et la défense incendie.

      Bonjour Catherine, vous êtes à la tête d’une grosse équipe de la métropole. Pouvez-vous présenter votre direction en quelques mots et la mission de vos agents ?
      La Direction du Cycle de l’Eau gère l’ensemble des compétences du petit cycle de l’eau : production et distribution en eau potable, défense extérieure contre l’incendie, assainissement et eaux pluviales urbaines. Elle est composée de 121 agents répartis sur La Chapelle-Saint-Mesmin et la station d’épuration d’Orléans La Source. Nos missions consistent à alimenter chaque foyer et entreprise de la Métropole en eau potable puis à assainir les eaux de manière à avoir des rejets les plus propres possibles en Loire. Nous gérons également les eaux pluviales urbaines lorsqu’elles sont raccordées au réseau, le déploiement et l’entretien des poteaux incendies publics.

      Pour assumer ces missions, nous comptons sur les compétences variées de nos agents : égoutiers, fontainiers, agents de contrôle, agents de bureau d’études, gestionnaires de contrat, responsables de la relation à l’usager et facturation.

      Nos objectifs à horizon 2030 sont:

      • Une baisse de 10 % de la consommation par habitant sur le territoire ;
      • Un rendement moyen de 90 % sur la Métropole (limiter les fuites sur le réseau) ;
      • 100 % d’eau de qualité : une eau du robinet reconnue ;
      • Toutes les opérations d’urbanisme et de construction en « zéro rejet des eaux pluviales ».

       

      Manquons-nous d’eau sur la Métropole ? 
      Les fortes pluies de ces derniers mois ne doivent pas nous faire oublier que chaque goutte d’eau compte. Sur la Métropole, l’alimentation en eau potable provient des nappes souterraines. Orléans Métropole ne « manque » pas d’eau au sens d’une pénurie importante, mais le territoire peut être sous tension, particulièrement lors des périodes estivales où les épisodes de sécheresse se multiplient. Cela conduit de plus en plus régulièrement la Préfecture à prendre des arrêtés limitant les usages de l’eau.

      C’est dans cet objectif de sobriété qu’Orléans Métropole a inscrit dans le Plan Local d’Urbanisme, depuis le 1er janvier 2024, la gestion intégrée des eaux pluviales. Chaque nouvelle construction doit permettre l’infiltration des eaux de pluie sur sa parcelle pour éviter les débordements des réseaux et des stations d’épuration et les rejets dans les milieux naturels qui pourraient provoquer une pollution massive.

       

      Pour éviter les bouteilles en plastique et faire des économies, peut-on boire sans souci l’eau du robinet, quelle que soit sa commune sur la Métropole ?
      L’eau du robinet est la denrée alimentaire le plus contrôlé en France grâce à un double système de vérification : 

      • Les contrôles réglementaires menés par l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire, l’organisme habilité à valider la conformité de l’eau potable, effectués au niveau des ouvrages de production et sur l’ensemble du réseau d’eau potable.
      • Les contrôles réalisés par l’Eau d’Orléans Métropole qui, en tant que producteur et distributeur d’eau, assure un suivi constant de la qualité de l’eau potable. 

      Des contrôles renforcés sont également réalisés en cas de suspicion d’une pollution particulière. Si un contrôle révèle une eau non conforme, un plan d’actions immédiat est mis en place sous le contrôle de l’Agence Régionale de Santé. Et, si celui-ci n’est pas suffisant, la distribution est immédiatement interrompue afin de garantir la santé des habitants concernés. 

       

      Quels gestes sont les plus efficaces pour économiser l’eau au quotidien ?
      Couper l’eau lors du savonnage du corps pendant sa douche ou lorsque l’on se brosse les dents permet une économie non négligeable au quotidien et ne nécessite qu’un petit changement d’habitude à la portée de chacun. Lorsque cela est possible, s’équiper d’un récupérateur d’eau de pluie est également très efficace puisqu’au-delà d’économiser l’eau potable pour arroser son jardin cela valorise l’eau de pluie qui n’est alors plus considérée comme un déchet mais comme une ressource. Cela permet également de limiter le ruissellement et la pollution de cette eau ! Chaque petit geste compte !

       

      Les lingettes dans les toilettes, problème ponctuel ou vrai fléau ?
      C’est un véritable fléau pour nos réseaux et nos équipements, chaque année ce sont plus de 500 tonnes de lingettes qui sont récupérées par nos équipes. Certaines lingettes sont présentées comme « biodégradables ». Toutefois, cela ne veut pas dire qu’elles sont jetables dans les toilettes ! Du fait de leur composition complexe, les lingettes n’ont pas le temps de se décomposer entre les toilettes et la station d’épuration et viennent ainsi boucher et abîmer les équipements et réseaux. L’impact écologique et économique est très important. Si vous ne pouvez pas vous passer de lingettes, jetez-les à la poubelle.

       

      À titre personnel, quel geste de réduction des déchets est le plus satisfaisant à pratiquer ?
      J’étais très satisfaite de pouvoir utiliser des couches lavables pour mes filles, même sur quelques mois. Comme pour le compostage, on se rend alors vite compte du volume de déchets que cela représente toutes les semaines, même si cela a nécessité quelques changements d’organisation au quotidien.