Le tribunal de commerce d’Orléans a tranché : la reprise de Duralex sera confiée au consortium conduit par Cédric Meston, via sa holding Tomé. Une décision saluée conjointement par François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, et Serge Grouard, président d’Orléans Métropole, qui ont accueilli avec une grande satisfaction le projet, qui inclut la reprise de l’intégralité de l’outil industriel, la marque et les stocks, la préservation de 155 des 219 emplois, et avec eux celle d’une industrie qui, par son savoir-faire et la qualité de ses produits, participe pleinement au rayonnement économique du territoire.
Un projet à dominante privée, appuyé par la puissance publique
Le projet de reprise doit marquer un nouvel élan, commercial comme industriel, avec une modernisation de l’outil de production et un renouvellement de la gamme. Majoritairement financé par des fonds privés (10M€), il a pu aboutir grâce au soutien des pouvoirs publics : un prêt de 4 millions d’euros de l’État et un prêt de 1 million d’euros de chacune des deux collectivités, remboursables selon des conditions similaires.
Orléans Métropole, propriétaire du site, a en outre conclu avec l’entreprise un crédit-bail immobilier prévoyant un loyer progressif. Ces aides doivent notamment permettre à Duralex d’investir et d’améliorer son efficacité énergétique.
Une vigilance affichée
Par ailleurs, les collectivités appellent l’ensemble des acteurs engagés à assurer un suivi régulier, attentif et exigeant de l’activité. Ils reconnaissent la fragilité de la période qui s’ouvre, tout en affichant la volonté d’inscrire cette reprise dans la durée, et s’engagent à « accompagner toutes celles et ceux que cette procédure laisse sans emploi », en déployant « la même méthode que celle qui a déjà permis à plus de la moitié des anciens salariés de la société Brandt, fermée il y a dix mois, de trouver une solution. Cela se traduira par des formations ciblées, des salons de l'emploi dédiés et l’engagement d’un suivi strict, individualisé et régulier. Les compétences et le savoir-faire de ces salariés constituent une richesse précieuse et tout sera mis en œuvre pour les valoriser et les réintégrer rapidement dans le tissu économique local ».
Faire de Duralex le verre le plus vert au monde
La décarbonation du site au cœur du projet.
« Duralex est un patrimoine industriel français. Notre ambition n’est pas de le sauver une cinquième fois, mais de le transformer pour de bon : un site redimensionné, désendetté, et un four électrique d’ici 2029 pour faire de Duralex le verre le plus vert au monde », a déclaré Cédric Meston, président de Tomé, à la sortie du tribunal. Son projet prévoit notamment, en effet, la conversion de l'actuel four de fusion vers une technologie 100% électrique, qui supprimera l’essentiel des émissions directes du site, l'augmentation de la part de verre recyclé, permettant d’abaisser les températures de fusion et l’empreinte carbone, ou encore l'installation de panneaux photovoltaïques avec Orléans Métropole et la SPL Orléans Énergies.
