L’intelligence artificielle (IA) est un formidable outil pour faire avancer la recherche et la médecine. Le projet d’INFRA, jeune start-up installée au Lab’O Village by CA, en est la preuve. « Nous travaillons à l’élaboration d’un dispositif médical qui pourra seconder les radiologues dans la détection de tumeurs ou de risques cardiovasculaires à des stades très précoces, explique Pierre-Jean Hellaudais, Directeur général d’INFRA. » Pour ce qui concerne le cancer du sein, la campagne de dépistage systématique prévoit une mammographie tous les deux ans. Mais en deux ans, une tumeur trop petite pour avoir été décelée peut se développer… C’est ce que l’on appelle le cancer de l’intervalle… « Aussi, nous concevons un outil capable d’analyser très finement les images de la mammographie, une sorte de microscope algorithmique capable de repérer des signaux faibles, précurseurs d’une tumeur, des éléments que même un œil aguerri ne peut déceler. Nous avons auparavant déterminé avec l’IA une signature de la tumeur, qu’elle est en mesure de signaler au radiologue lorsqu’elle la détecte sur une image de mammographie. » Pour les maladies cardiovasculaires insuffisamment dépistées chez les femmes, la démarche est similaire. « L’analyse de la mammographie permet de repérer des calcifications artérielles mammaires et de déterminer un niveau de risque. » Une démarche d’autant plus bénéfique qu’elle permet de dépister deux types de maladies à partir d’un même examen. « C’est une des évolutions de la médecine, d’utiliser un examen pour des maladies très différentes. Par exemple le fond de l’œil pour dépister le diabète ou la dépression. »
Il faut bien comprendre que le dispositif est une aide pour le radiologue et qu’il ne se substitue pas au médecin. Son atout est de permettre une prise en charge très précoce, ce qui en améliore le pronostic.
À mi-parcours
Créée en 2023, INFRA a bien avancé dans le projet. « Le concept est né pendant le Covid et nous avons travaillé sans fonds jusqu’à la « preuve du concept », c’est à dire la démonstration de la faisabilité technique du projet. Nous avons ensuite réalisé une première levée de fonds destinée à transformer le prototype en produit industriel. Nous avons recruté du personnel et nous sommes une équipe de 8 personnes actuellement. La finalité de cette étape, qui est très proche, est d’obtenir la norme ISO 13485 indispensable en Europe pour déployer tout type de dispositif médical. L’audit pour obtenir la norme a été réalisé en août dernier et nous attendons la certification. Nous pourrons ainsi obtenir, au 1er semestre 2027, le marquage CE associé à cette norme et nécessaire à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). En parallèle, nous finalisons actuellement une seconde levée de fonds destinée à finaliser le produit et à débuter sa commercialisation. Nous proposerons deux solutions : INFRAx pour le dépistage du cancer et INFRABAC pour les maladies cardiovasculaires. »
Née à Paris, INFRA s’est installée au Lab’O Village by CA pour plusieurs raisons. « L’écosystème est très favorable et la proximité avec le CHU d’Orléans est essentielle pour notre projet. Nous avons engagé un vrai partenariat avec le CHU qui développe son activité de recherche et développement. Notre collaboration porte sur la validation clinique de la solution concernant les maladies cardiovasculaires. » Une aventure bien engagée et qui devrait à court terme apporter un réel bénéfice pour la santé des femmes. « Alors que nous sommes au cœur d’octobre rose, je voudrais insister sur la nécessité de participer aux campagnes de dépistage : c’est un acte de prévention vraiment efficace, qui permet d’être pris en charge au plus tôt. »