Il n’y a pas d’âge pour entreprendre ! La preuve avec Loïc Debard et Nicolas Fessard, créateurs de Veeking Biosens, qui ont chacun une longue expérience et des parcours complémentaires : l’un est dentiste et l’autre spécialisé dans le marketing. Tous les deux ont une envie commune : innover. « Notre idée de départ visait la santé humaine et plus particulièrement le dentaire, raconte Loïc Debard. Mais c’est un domaine très complexe et différents échanges, notamment avec des vétérinaires, nous ont amenés à nous tourner vers les animaux. Nous avons aussi travaillé avec la Coop de Mansle (Vienne). Dans ce territoire d’élevage, nous avons constaté la forte demande d’éleveurs qui recherchent des outils pour faciliter le suivi de la santé de leur cheptel. » C’est ainsi qu’a germé l’idée d’une application qui permette d’estimer le poids d’une vache à partir d’une photo. « Les éleveurs essaient de vendre leurs bêtes dès qu’elles ont atteint un poids « optimal ». Et peser une vache n’est pas simple ! Aujourd’hui, ils évaluent le poids « à l’œil ». Avec l’application Agriscan, ils disposeront de données fiables, à partir de points « stratégiques » identifiés sur la vache, dont la race a été reconnue par intelligence artificielle. »
Pourquoi Orléans ?
Veeking Biosens est née le 17 novembre 2024. Comme pour nombre de start-up, les associés ont souhaité s’installer dans un environnement propice à leur développement. « Nous avons répondu à l’appel à projets de l’Agreen Lab’O et avons été accueillis à Orléans où nous bénéficions de l’accompagnement d’Orléans Technopole (programme SAXO) et du programme Digital Loire Valley. Ce qui est appréciable, c’est la synergie entre les différents interlocuteurs. Nous ne sommes pas dans une ambiance concurrentielle. Les rencontres, les événements nous permettent de développer notre réseau, en faisant connaissance avec de potentiels investisseurs mais aussi d’autres entrepreneurs avec lesquels nous partageons nos expériences. »
Des projets à la pelle
En pôle position, l’application Agriscan ! « Elle est techniquement opérationnelle et disponible pour les éleveurs dans sa version test. Nous sommes à la recherche de financements pour réaliser sa commercialisation. Nous allons prochainement faire une démonstration au marché au cadran des Herolles (marché de gros aux bestiaux organisé dans la Vienne). Cela nous permettra de confirmer son efficacité et de rencontrer de nombreux éleveurs. Notre objectif est de la commercialiser avant l’été. » Un premier aboutissement après 2 ans et demi de travail !
Deuxième projet de l’entreprise, la création de capteurs auriculaires pour signaler à l’éleveur une vache fiévreuse. « Notre objectif est de concevoir un capteur à faible coût (5 € maximum) qui ne nécessite pas de recharge, une contrainte trop complexe à mettre en œuvre sur des cheptels de plusieurs centaines d’animaux. Nous avons imaginé une diode sur l’oreille qui s’allume dès que la vache a une température trop élevée. Nous avons élaboré un cahier des charges qui sera testé lors du prochain Hackathon* par des étudiants de Polytech Orléans. Nous disposerons alors d’une « preuve de concept », qui nous permettra de travailler démontrer la faisabilité technique et de travailler sur le prototype. Là aussi, il nous faudra des financements ! »
Et demain ?
Le troisième projet rejoindrait l’idée d’origine. « Il s’agit d’un capteur salivaire doté d’une puce pour mesurer différents paramètres (PH, sodium, cortisol) dont les taux peuvent indiquer un problème de santé. Cela pourrait, dans un second temps, ouvrir des opportunités pour la médecine humaine, par exemple pour détecter des maladies neurodégénératives. »
Enfin, Loïc Debard garde aussi en tête l’idée de reconnaître, grâce à l’IA, des larves de parasites dans les matières fécales des vaches « pour pouvoir ajuster leur traitement et réduire le volume des antibiotiques qui « passent » aujourd’hui dans l’alimentation humaine. Les éleveurs sont très demandeurs de technologies pour faciliter leur quotidien. Les aider à pérenniser leur activité, c’est contribuer à l’avenir des territoires agricoles. »



