Education , Environnement , Pratique , Orléans
le 30/09/2026
À la rencontre de Coralie Rouet, professionnelle de la petite enfance
À travers le label Écolo-crèche, les structures de la petite enfance d'Orléans agissent au quotidien pour réduire leurs déchets et promouvoir des pratiques plus durables.
Bonjour Coralie, peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle Coralie Rouet et je suis Directrice de la Petite enfance à la mairie d’Orléans. Nous gérons en équipe 18 crèches municipales, la Maison des 1 000 premiers jours, le Relais Petite Enfance et deux lieux d’accueil enfants-parents appelés « Chocolatine ». Environ 250 agents travaillent au sein de cette direction.
Peux-tu nous parler d’Écolo-crèche ?
Bien sûr ! Écolo-crèche est un label national délivré par l’association Label Vie pour accompagner la transition écologique et sociale des lieux d’accueil de la petite enfance. Aujourd’hui, 1 200 structures sont labellisées en France.
À Orléans, 100 % des crèches municipales ainsi que le Relais Petite Enfance sont engagés dans cette démarche. Celle-ci a été lancée dans le cadre de la feuille de route municipale dédiée à la transition écologique. Les équipes ont souhaité participer activement à cette dynamique. Le label Écolo-crèche nous permet de structurer nos actions, de mesurer nos progrès et de renforcer la qualité d’accueil proposée aux enfants.
Concrètement, comment vous êtes-vous lancés dans la démarche ?
Une véritable dynamique collective s’est mise en place. Les directrices de crèches et leurs équipes se sont réunies afin de définir les priorités, suivre des formations et élaborer des plans d’action. Parmi les thématiques retenues, la réduction des déchets est rapidement apparue comme un enjeu majeur.
Quelles actions ont été mises en place pour réduire vos déchets ?
Les équipes ont d’abord été formées à la gestion des déchets. Elles ont ensuite revu leurs pratiques en se posant systématiquement la question : « Avant d’acheter, peut-on faire autrement ? ». Chaque activité a été analysée afin d’identifier les leviers permettant de limiter la production de déchets.
Parmi les actions mises en œuvre :
- Réduction du gaspillage alimentaire ;
- Compostage sur site ou collecte des biodéchets par les Cycloposteurs ;
- Suppression des emballages individuels ;
- Utilisation de produits durables en remplacement des consommables jetables (essuie-mains, gants de toilette, torchons en tissu) ;
- Fabrication de produits ménagers maison à base de bicarbonate, savon noir et vinaigre, complétée par un nettoyage à la vapeur ;
- Développement de la réparation et de la couture ;
- Réemploi de matériaux et d’objets pour les activités pédagogiques ;
- Recours accru au réemploi pour les équipements grâce au « bon coin des crèches » et à la ressourcerie des services ;
- Choix d’équipements durables, solides et sans plastique lorsque l’achat de matériel neuf est nécessaire.
Au final, nous achetons moins mais mieux. Cette démarche a également renforcé la cohésion des équipes et favorisé les échanges entre différents services municipaux.
Nous préparons aujourd’hui un nouveau projet inspiré d’autres collectivités : transformer les vêtements de sécurité haute visibilité usagés des agents en mini-salopettes pour les activités extérieures des enfants. La confection sera réalisée par des couturières locales et des jeunes en chantier d’insertion.
Quels bénéfices cette démarche apporte-t-elle aux enfants et à leurs familles ?
Pour les enfants, les bénéfices sont avant tout sanitaires : moins de plastique, moins de produits chimiques et un environnement plus sain. Un constat encourageant : la modification de nos habitudes de nettoyage n’a pas entraîné davantage de maladies.
Pour les familles, la démarche crée davantage d’échanges avec les équipes. Les parents sont parfois sollicités pour donner des jeux, jouets ou vêtements et participent ainsi concrètement au projet.
À titre personnel, quel geste as-tu adopté avec le plus de satisfaction pour alléger ta poubelle ?
À la maison, je composte mes déchets alimentaires et j’évite autant que possible les produits jetables. Au bureau, j’ai adopté du mobilier issu du réemploi et j’en suis très fière.
Tes bonnes adresses sur la Métropole ?
Emmaüs et la friperie de la 2ème chance, rue Bannier.